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Jean Ziegler

1934

Jean Ziegler est écrivain, sociologue et homme politique Suisse. Il est rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Une phrase de cet altermondialiste: 
“Etant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficulté. Pour le dire autrement; tout enfant qui meurt actuellement de faim est en réalité , assassiné:”

Toutes les cinq secondes, sur notre planète, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Des millions d’autres souffrent de sous-alimentation. Pourtant, l’agriculture d’aujourd’hui serait en mesure de nourrir 12 milliards d’êtres humains. Comment un tel désastre humain est-il possible ? Jean Ziegler nous présente un état des lieux de la faim dans le monde et analyse les raisons de l’échec des moyens mis en œuvre depuis la Seconde Guerre mondiale pour l’éradiquer.

Le chef d’Etat du Burkina-Faso s’affirme comme l’un des principaux leaders des non-alignés; il incarne pour beaucoup, une nouvelle voie porteuse d’espérance et de dignité.

Figure révolutionnaire messianique, Thomas Sankara, de 1983 à 1987, fut le premier président du Burkina Faso. Il fit baisser la mortalité infantile, promut l’instruction, améliora la condition féminine et rendit son pays autosuffisant en essayant de le détacher de la tutelle des grandes puissances.
Ce discours sur la dette, qu’il prononça à Addis-Abeba en 1987, est emblématique car il proposait aux pays africains endettés de renégocier ensemble la dette du continent africain jugée en grande partie inique.
Il sera assassiné quelques mois plus tard.
Thomas Sankara et Jean Ziegler, sociologue de notoriété internationale, se connaissaient bien. C’est donc en ami que Jean Ziegler nous parle de ce chef d’Etat atypique et nous présente ici la situation de tutelle à laquelle les organismes financiers soumettent les pays endettés.

Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde, à la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales. Deux armes de destruction massive sont à l’œuvre : la dette et la faim. Par l’endettement, les États abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète. Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain, démonte cette formidable machine à broyer et à soumettre.

Il y a longtemps que l’Afrique est mal partie. Mais voici aujourd’hui qu’elle accède au rang de terrain de manœuvre privilégié des luttes d’influences planétaires, de champ de bataille des intérêts multinationaux, et qu’un gigantesque safari politico-économique fait l’enjeu de toutes les convoitises.
Jean Ziegler étudie ici, à travers les convulsions de la construction des États africains, à travers l’idéologie et l’action de certains mouvements armés de libération, la tragédie historique d’un continent qui, du pillage colonial aux plus récentes curées néo-colonialistes, n’a cessé d’être mis en pièces.

Au cœur du marché globalisé, banquiers, hauts responsables de sociétés transnationales, opérateurs du commerce mondial accumulent l’argent, détruisent l’État, dévastent la nature et les êtres humains. Ce livre révèle leur visage, analyse leur discours, dénonce leurs méthodes et les mercenaires qui les servent au sein de l’OMC, de la Banque mondiale et du FMI : il démonte l’idéologie qui les inspire, jetant une lumière crue sur le rôle joué par les oligarchies financières.
Mais la résistance s’organise. C’est la nouvelle société civile planétaire dont Jean Ziegler montre ici la richesse, la diversité et la détermination.

Un monstre hante la nuit du monde : la raison d’Etat devenue loi suprême des hommes et des nations. Les hommes d’Etat l’invoquent aujourd’hui avec arrogance pour justifier leur pratique. Fait radicalement nouveau pour l’Europe : nous entrons dans l’ère du consensus, de la surdétermination librement acceptée de nos volontés collectives par les lois de la Realpolitik qui prétendument nous surpassent.
Du XIXe au milieu du XXe siècle, l’adversaire le plus déterminé de la raison d’Etat fut le mouvement socialiste et ouvrier international. Nous assistons impuissants à sa dégénérescence.
L’espérance de Mai 1981 ressemble à un miroir brisé : la raison d’Etat a instrumentalisé les socialistes. En Afrique, l’empire néo-colonial français est plus assuré que jamais. La France socialiste est devenue la troisième marchand d’armes du monde. La mensongère idéologie des droits de l’homme masque une politique étrangère tout entière dominée par la Realpolitik.
Ce livre explore les conditions concrètes dans lesquelles ce délabrement, cette effroyable fracture ont pu se produire.
Il est né de la colère. De l’échec. Il constitue une autocritique.
“Les livres d’aujourd’hui sont les actes de demain”, dit Thomas Mann. Contre l’ordre meurtrier des Etats, ce livre doit aider à la naissance d’une nouvelle raison solidaire.

Un spectre hante l’Europe : celui du crime organisé. Depuis les années quatre-vingt, en effet, de nouvelles et redoutables mafias sont apparues et menacent les sociétés démocratiques de notre continent. Elles tirent parti de l’effondrement du communisme, de la déréliction de certains États, des facilités de la globalisation financière et de la mondialisation des marchés. Parfois, c’est le pouvoir politique lui-même qu’elles tiennent dans leurs mains.
Avec une équipe de collaborateurs, Jean Ziegler est parti à la rencontre de cette armée du crime. Le récit hors du commun et les analyses qu’il propose ici se fondent sur l’audition de nombreux témoins – magistrats, procureurs, policiers – et le dépouillement d’archives jusqu’alors inaccessibles. Le bilan est terrifiant.

Pour comprendre le ressort des inégalités, des destructions environnementales et des souffrances qui ravagent la planète.
 Le capitalisme domine désormais la planète. Les sociétés transcontinentales défient les États et les institutions internationales, piétinent le bien commun, délocalisent leur production où bon leur semble pour maximiser leurs profits, n’hésitant pas à tirer avantage du travail des enfants esclaves dans les pays du tiers-monde.
Résultat : sous l’empire de ce capitalisme mondialisé, plus d’un milliard d’êtres humains voient leur vie broyée par la misère, les inégalités s’accroissent comme jamais, la planète s’épuise, la déprime s’empare des populations, les replis identitaires s’aggravent sous l’effet de la dictature du marché.
Et c’est avec ce système et l’ordre cannibale qu’il impose au monde que Jean Ziegler propose de rompre, au terme d’un dialogue subtil et engagé avec sa petite-fille.

300 à 500 milliards de dollars, tel est le montant estimé des profits réalisés chaque année sur le marché mondial de la drogue.
Principal receleur de l’argent de la mort : le système bancaire suisse, qui n’a pas son pareil pour accueillir et recycler les capitaux internationaux à l’abri des regards indiscrets.
Quatorze ans après la publication d’Une Suisse au-dessus de tout soupçon, violent réquisitoire contre l’hypocrisie du secret bancaire et du compte à numéro, Jean Ziegler démonte un à un les rouages du recyclage international de l’argent sale, dont Zurich est aujourd’hui la capitale. A travers des exemples précis, il montre ainsi que des multinationales du crime, disposant de réseaux commerciaux bien implantés, de laboratoires modernes, de milices entraînées par des professionnels, d’établissements bancaires fort accueillants, ont pénétré l’appareil d’Etat lui-même, et juissent, dans “l’Emirat helvétique”, d’une protection efficace de la part de certains responsables politiques et judiciaires.
En faisant la lumière sur l’organisation des réseaux de la mort, en nommant les responsables et leurs complices, ce livre veut contribuer à l’anéantissement d’une puissance meurtrière qui, à Zurich comme à Medellin, concurrence aujourd’hui le pouvoir des Etats.

“Si vous voyez un banquier suisse sauter d’une fenêtre, sautez derrière lui. Il y a sûrement de l’argent à gagner” (Voltaire).
“Neutres dans les grandes révolutions des Etats qui les environnaient, les Suisses s’enrichirent des malheurs d’autrui et fondèrent une banque sur les calamités humaines” (Chateaubriand).
A quoi Jean Ziegler – né en Suisse, sociologue, spécialiste du Tiers-Monde – ajoute aujourd’hui ce livre-réquisitoire sur la Suisse contemporaine, sa face cachée, son “impérialisme secondaire” dans les pays en voie de développement, les rouages de son gouvernement visible et ceux du pouvoir réel qu’il dissimule, son rôle de receleur des capitaux en fuite, de plaque-tournante de l’activité des sociétés multinationales, grâce aux “admirables” institutions que constituent le secret bancaire et le compte à numéro – le tout voilé dans les plis du drapeau de la Croix-Rouge et couvert par un discours de neutralité et de paix qui fait passer les Seigneurs de la banque de Genève ou Zürich pour de pieux et inoffensifs philanthropes.
A propos : combien d’enfants morts de faim en Amérique latine là où les trusts alimentaires ont implanté leurs monopoles ? Combien de tentatives d’étranglement économique de gouvernements populaires, du fait de la volonté discrète de quelque banques suisses ? Combien de tués par an par l’industrie de mort ou les invisibles rapines de la très-neutre et bien-pensante Confédération helvétique ?

De plus en plus souvent dans l’hémishère Sud les conflits armés, révoltes, contradictions sont d’essence culturelle. Le choc de la modernité – celle de la rationalité marchande et technicienne ou celle de la révolution matérialiste – ébranle en profondeur des sociétés traditionnelles hier encore cohérentes. Et celles-ci résistent plus farouchement qu’on aurait pu l’imaginer. Elles se savent porteuses d’une cohérence, d’une chaleur, d’un sens que nous avons, le plus souvent, perdus. D’où la violence de leur refus et l’échec répété des modernisateurs.
Au Nicaragua, la raison révolutionnaire des sandinistes échoue devant la raison autonome des Misquitos, barricadés dans leur spécificité. A Cuba, le castrisme d’origine hispanique et blanche n’a pas vraiment su intégrer la culture “nègre” pourtant majoritaire, mais entachée du soupçon d’opposer un frein au progrès. En Ethiopie ou dans les Républiques musulmanes d’URSS, la logique du socialisme scientifique se heurte à la même résistance culturelle. Au Burkina-Faso ou dans les îles du Cap-Vert, conscients des embûches de l’unilinéarisme des modèles de “développement” et sans doute favorisés de ce point de vue par la pauvreté des ressources de leur pays et leur manque d’attrait aux yeux des nouveaux colonialistes, les dirigeants cherchent à fonder leur politique sur les valeurs ancestrales qui ont permis à leur peuple de survivre et de créer des sociétés originales.
Apparemment pourtant, presque partout, un contradiction profonde et grave oppose le désir de déracinement, de la dilution de toute identité culturelle. Et c’est sans doute ce type de contradiction – culturelle plus qu’économique – qui dominera l’histoire de l’hémisphère Sud dans les années à venir.

En cette fin du XXe siècle, alors que l’oppression policière, le cynisme des grandes puissances et les tyrannies de la faim ravagent l’existence de millions d’hommes et de femmes, les nationalites révolutionnaires d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, tentent de mettre en œuvre des principes d’autonomie politique, d’autosuffisance économique, de liberté et de justice, qui répondent aux désirs les plus irrépressibles des hommes. Où en est cette grande espérance ? Quelles leçons pouvons-nous tirer – pour notre propre liberté – de ces combats lointains ? Jean Ziegler, familier du tiers monde, raconte ici une épopée mal connue chez nous. Il esquisse avec une générosité vibrante mais lucide un bilan mondial du demi-siècle.

” D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, puis ils vous combattent, enfin vous gagnez. ” Mahatma Gandhi Depuis quinze ans, Jean Ziegler consacre toutes ses forces au combat en faveur des damnés de la terre au sein de l’Organisation des Nations unies. Successivement Rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation, puis vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme, il n’a cessé de se battre, dans le cadre de ses nombreuses missions, contre la faim et la malnutrition, en faveur des droits de l’homme et de la paix. Combats prométhéens ponctués de grands succès… mais aussi d’échecs. Ce sont ces moments qu’il relate ici, au plus près du terrain, des manœuvres de coulisses, de l’action délétère des prédateurs du capitalisme financier mondialisé, soucieux avant tout de maximiser leurs profits. De défaite en victoire, le témoin implacable du jeu sordide des puissants de ce monde s’interroge : comment aller plus loin, comment faire en sorte que l’utopie qu’avaient conçue Roosevelt et Churchill, cette organisation susceptible de réguler les conflits internationaux et d’assurer le minimum vital aux peuples du monde, renaisse de l’état de paralysie dans lequel elle est tombée ? Et c’est finalement un message d’espérance que livre le combattant de toujours au terme d’un récit vibrant et engagé. Jean Ziegler a notamment publié Les Nouveaux Maîtres du monde (2002), L’Empire de la honte (2005), La Haine de l’Occident (2008) et Destruction massive (2011).