C’était Jean-Camille Formigé qui réalisa les plans des serres de la porte d’Auteuil à Paris en 1898.
Il y avait 93 serres sur une surface de 9,3 ha.
Adresse: 3 Avenue de la Porte-d’Auteuil
75016 Paris
Paris. Jardin des serres d’Auteuil
Article du journal l’illustration du 5 mars 1898 sur Les serres de la porte d’Auteuil à Paris
Une ville peut posséder, dans ses musées, d’inestimable trésors artistiques, avoir des rues bien tracées, des monuments aux lignes majestueuses, contenir des foyers d’intelligence et de savoir ; elle restera incomplète, dépourvue de la grâce attirante et suprême s’il lui manque cette parure toujours charmante, faite de verdure et de fleurs : des jardins.
La Ville de Paris, en coquette qui sait l’art de plaire, a grand soin de sa précieuse parure. Dès 1855, presque à l’origine du service des promenades, elle créait pour son usage personnel un établissement modèle, un Fleuriste, au lieu appelé le clos Georges, à Passy. Quarante-deux serres, de nombreux carrés de culture, permettaient d’élever, d’entretenir les plantes destinées à embellir les parcs et jardins publics de la capitale, et de conserver les plantes utilisées pour l’ornementation des fêtes municipales, distributions de prix, œuvres de bienfaisance, etc. Moins de vingt ans après 1873) on trouvait déjà que le Fleuriste municipal, dit Fleurisle de la Muette, ne suffisait plus aux besoins. Une délibération du Conseil municipal décidait son transfert en d’autres lieux. Pur vote de principe, d’ailleurs.
Ce fut seulement ou bout de vingt autres années, le 21 novembre 1893 que M. Quentin Bauchart, soumit à ses collègues de l’hôtel de Ville le rapport dont l’adoption devait faire passer du domaine de la théorie dans celui de la pratique ce vieux projet. La forme du nouveau Fleuriste est celle d’un triangle ayant pour base les fortifications de Paris, pour côtés la route départementale n°29, de Boulogne à Paris, qui aboutit à la porte d’Auteuil, et le boulevard d’Auteuil. Sa surface, qui représente trois fois et demie celle du Fleuriste de la Muette, couvre exactement 93,000 mètres carrés. Les serres au nombre de 93, occupent 4,796m2 ; 14,086m2 sont réservé à la culture de pleine terre et sous châssis de coucbe. Les Jardins (pelouses, talus, corbeilles) prennent 30,705 mètres. Il s’élève au lieu dit Fonds-des-Princes.
M. Formigé, l’habile architecte des promenades de la Ville de Paris, qui a conçu les plans du Fleuriste actue!, s’est efforcé de cacher aux regards les bâtiments, notamment la « ferme » où se font les travaux de rempotage et autres, et dans le sous-sol de laquelle sont disposés les appareils de chauffage, quatre chaudières, d’où la vapeur se répand par des conduits souterrains dans les serres.
Lorsqu’il entre par la ports principale du Fleuriste, située sur la route départementale de Boulogne à
Paris, le visiteur a devant soi, au bas d’un escalier aux lignes gracieuses. un jardin français que bornent, au tond, la serre principale ou jardin d’hiver ; sur les côtés, d’autres serres. C’est à l’extrémité de ce jardin, au pied des marches qui conduisent à la serre principale, qu’a été placée la fontaine de Dalou, l’une des œuvres les plus parfaites assurément, comme composition et exécution, du maitre sculpteur. La serre
principale, élancée, légère, élégante, forme un Jardin d’hiver coquet. Des arbustes rares, très développés. atteignant jusqu’au faite de la construction. donnent en ce lieu un aspect de petite forêt vierge. Un ruisseau garni de plantes aquatiques serpente à travers les rochers. A droite et à gauche du Jardin d’hiver, et le prolongeant sans solution de continuité, sont les serres à palmiers.
Un grand est beau jardin sera réservé au public muni de cartes spéciales dans la partie du Fleuriste comprise entre la porte d’honneur et l’allée des fortifications.
Le premier établissement horticole de la Ville avait été fait en plusieurs fois, par agrandissements successifs, l’unité d’objet ne pouvait y être obtenue. Les plantes n’avaient pas toujours la place désirable, il en est autrement désormais.
A tous ses avantages, l’établissement du nouveaux Fleuriste Joint celui d’avoisiner les pépinières municipales et de constituer avec elles un seul tout. La pépinière d’Auteuil où sont élevés les arbres verts, les arbrisseaux et les arbustes à feuilles persistantes, se trouve, en effet, à droite de la route départementale de Boulogne à Paris; la pépinière du Fonds-des Princes, pour la culture des arbres d’alignement à planter dans Paris sur les voies nouvelles, tient un vaste emplacement limité
par cette même route départementale et le boulevard d’Auteuil ; entre la pépinière de Longchamp d’où nous viennent les arbres, les arbrisseaux et les arbustes d’ornement à feuilles caduques, est également à une faible distance.
La statistique des plantes fournies pendant l’année horticole écoulée — du l » Juillet au 30 juin 1897 — est éloquente : pour la garniture des Jardins publics et des établissements municipaux il a été livré par le Fleuriste de la Ville 214.188 plantes d’automne, 32,865 de printemps, 595,950 d’été. A titre de don il a été envoyé 31,737 plantes. Les garnitures et décorations d’appartements en ont demandé 77,252.
Si nous ajoutons que M. Cler, le Jardinier principal, sous les ordres de M. Gatelier, conducteur principal, et la haute direction de M. Bouvard, occupe régulièrement quatre-vingt-quinze ouvriers, on comprendra l’importance de ce Fleuriste, unique au monde comme établissement de production pour les Jardins publics.
Albert Montuecil
Les jardins d'Auteuil aujourd'hui
Malheureusement enclavé au bord du périphérique et du stade Rolland Garros, la surface a été beaucoup réduite ainsi que le nombre de serres.
De vives polémiques et procès ont opposé les riverains, écologistes, associations et les héritiers de Jean-Camille Formigé pour la sauvegarde de ce site protégé.
