Le 13 avril 1890, Claude Goubet (1837-1903), ingénieur fit les premiers essais de son bateau sous-marin dans la rade de Cherbourg. Cette première promenade s’est effectuée en surface.
Extrait de l’article du monde illustré du 22 mars 1890
Le bateau sous-marin le Goubet — ainsi baptisé du nom de son inventeur — dont les aventures sont, avant la lettre, célèbres déjà, vient d’entrer dans une nouvelle phase.
Il a, en effet, quitté le bassin Napoléon, où, depuis quinze mois, il était mouillé, dans un coin perdu de l’arsenal militaire de Cherbourg, pour procéder à des expériences définitives — quelque chose comme un galop (ou plutôt un plongeon) d’essai, dans le bassin du Commerce, et coram populo.
Voici tantôt six semaines que ces curieuses expériences ont débuté, sous les yeux de centaines et de milliers de témoins, et, si nous en croyons les renseignements qui nous sont transmis par nos correspondants, elles ont toutes admirablement réussi.
C’est ainsi que le 30 janvier dernier, le Goubet sortait tout seul, sans guide ni remorqueur, de l’arsenal maritime, et après quelques évolutions en rade qui n’ont pas duré moins d’une heure et demie, pénétrait tout droit, sans hésitation, sans crochet ni zigzag, dans le bassin du Commerce, en dépit des difficultés et des obstacles sans nombre que constitue l’encombrement en cet
MISE A L'EAU DU SOUS-MARIN LE GOUBET
endroit des bouées, corps morts,, navires à l’ancre et chaînes d’amarrage entre-croisées. Cette petite promenade s’est effectuée à la surface, sans doute, mais elle n’en est pas moins une démonstration péremptoire de -la maniabilité du Goubet, qu’on avait niée, et de son aptitude à gouverner droit. Il ne manquait pas de gens, en effet, pour croire et pour dire que, si le Goubet ressemblait à un poisson, c’était à un « poisson ivre » (sic), et qu’il était à jamais incapable de traverser une passe un tant soit peu étroite et accidentée autrement « qu’en cognant les murs »

