Champagne Mercier. Foudre géant. Expositions universelles

Les années folles de la maison Mercier

Eugène Mercier .(1838-1904)
Le fondateur de la célèbre marque de champagne d’Epernay

La maison de Champagne Mercier, fut fondée en 1858 par Eugène Mercier.
Dès 1871 et durant 6 ans  il fit creuser 18 km de caves dans les sous-sol de craie d’Epernay soit 43 000m2  en 6 ans. 280 000 tonnes de craies sont extraites  des 47 galeries composant ces immenses caves qui débouchaient sur une voie ferrée permettant un acheminement vers Paris.et Strasbourg.
Les caves sont équipées de vendangeoires,  de pressoirs, d’ateliers de rinçage, d’emballage et d’expédition de bouteilles dans le monde entier.
En 1891, le président de la république Sadi Carnot avait visité les caves en calèche à la lueur de 100 000 bougies.

Le sculpteur Gustave Navlet (1832-1915) réalisa 238m2 de surface sculptée soit 14 bas-relief.

En 1987 les champagnes Mercier ont été rachetés par LVMH,Bernard Arnault
Aujourd’hui, le champagne Mercier est la 4ème marque la plus connue.
Un petit train permet aux 100 000 visiteurs par an de descendre à 30m sous terre pour visiter ces magnifiques caves.

Eugène Mercier et le plus grand foudre (tonneau) du monde

En 1871, Eugène Mercier entreprend la construction du plus grand foudre du monde de 160 000L soit 213 000 bouteilles de champagne. La Hongrie fournit les 150 chênes pour sa  construction. Le squelette fut achevé en 1879 et acheminé par 11 énormes chariots jusque Strasbourg puis en train jusqu’à Epernay.
Caractéristiques :
5.50m de haut – 6.50m de long
Capacité 160 000 litres soit 200 000 bouteilles
Poids d’un cercle d’acier : 3 500kg
Poids 20 tonnes
Eléments : 800 pièces assemblées en 16 ans
C’est aux vendanges 1887 que son étanchéité fut approuvée.

Le champagne Mercier et les expositions universelles

Exposition universelle de Paris. 1878

Extrait du livre « Les merveilles de l’Exposition » de 1878 
 » Dès l’entrée, l’attention est arrêtée et retenue par un magnifique foudre, aux proportions colossales. Ce tonneau monstre, d’une construction savante et d’une décoration vraiment artistique, ne contient pas moins .de 75,000 bouteilles, chacune de 75 centilitres, capacité ordinaire des bouteilles de Champagne. La face principale de ce fût géant, que représente notre gravure, et qui regarde la porte Rapp, est historiée de gracieuses et dé.. licates sculptures, représentant les quatre saisons et les armoiries des principaux vignobles de la Champagne; Tout autour de ce beau spécimen de l’art du tonnelier, la plupart des instruments composant le matériel et l’outillage compliqué, employés pour la culture de la vigne ou servant à la préparation et à l’intéressant travail des vins de Champagne. »

Exposition universelle de Paris. 1889

Pour l’exposition universelle de 1889, devant une foule enthousiaste, le foudre des champagnes Mercier fit le trajet Epernay Paris  tiré par 24 bœufs ainsi que 18 chevaux utilisés pour les montées.
Sur le chemin les écoliers quittaient la classe pour voir le convoi, les ouvriers étaient  autorisés à quitter l’atelier pour profiter du spectacle.
Ce parcours coûta très cher à Eugène Mercier, des arbres, des murs furent abattus, dans Paris des immeubles ont  été rabotés pour son passage.

Extrait du livre « Mes promenades à travers l’Exposition : souvenir de 1889 »   
« J’ai repris ma marche en avant, suivant toujours la rive gauche de la Seine, et je pénètre dans les vastes caves du palais de l’Alimentation où les bouteilles sont alignées par milliers. Je défile, puis je m’arrête; je suis dans la section du vin de Champagne, ce vin connu de toutes les nations, et sans lequel il n’est pas de banquets, ni de noces, ni de baptêmes, ni de fêtes de famille. Le vin mousseux de Champagne, tout le monde le sait-il? ne se prépare pas comme les autres vins, il s’en faut. On le fabrique — c’est bien le mot — avec le vin renommé que produisent les coteaux de Reims, d’Ay, d’Épernay, d’Avize, etc. Dans son état primitif, le vin de Champagne ressemble à tous les autres vins blancs, et n’est guère, bon à boire. Mais ce liquide possède des qualités qu’il faut développer, et ce n’est pas l’affaire d’un jour. Quand il a deux ans, trois ans, les fabricants s’emparent de lui et commencent à le manipuler. Ils le sucrent, le font fermenter, le transvasent, l’embouteillent pour le désembouteiller et rembouteiller de nouveau, pour lui faire subir vingt opérations minutieuses, méticuleuses, qui demandent des mains expérimentées. C’est après plusieurs années de soins, de surveillance, de travail, que le doux liquide est enfin livré à la consommation, qu’il est devenu léger, mousseux, pétillant, agréable, savoureux, sain, et que dit-on, il donne de l’esprit non seulement aux bêtes, mais aux sots. Les caves où se travaille le vin de Champagne sont, à Reims, de véritables curiosités. Ce sont de vastes souterrains taillés plutôt que creusés dans d’épaisses couches de cette craie qui blanchit toutes les plaines champenoises, et c’est avec surprise que l’on voit secs, clairs, blancs, des lieux que l’on a coutume de voir humides, obscurs, ténébreux. Sauf cette singularité, on peut donc constater, dans les sous-sols de l’Exposition, et rendues com¬ préhensibles à l’aide de quelques figures de cire, presque toutes les opéra¬ tions que je viens d’indiquer, y compris celle si importante du bouchage. On peut donc s’assurer qu’une bouteille de vin de Champagne passe une trentaine de fois par les mains d’ouvriers spécialistes, avant de sortir de la cave où elle est enfermée depuis sa naissance, jusqu’à l’heure où, emballée dans des caisses ou des paniers, elle en sort pour aller là-bas, à Londres, à Christiana, à Vienne, à Berlin, à Madrid, à Mexico, à Rome, à New-York et peut-être à Pékin, se faire boire à la santé d’un empereur, d’un roi, d’un président, d’une jeune épousée, d’un grand-père ou d’un nouveau-né. Le champagne est par excellence un vin fraternel, un vin international, et l’empereur d’Allemagne seul n’en boit pas, par suite, dit-on, d’un patriotisme farouche. Si c’est vrai, nous devons le plaindre en ennemis généreux. »

Exposition universelle de Paris. 1900

Lors de l’exposition universelle de Paris en 1900, la galerie des machines de 1889 a accueilli la salle des fêtes, le palais de l’agriculture et de l’alimentation où la maison Mercier avait son Stand. Les visiteurs pouvait assister à la fabrication du champagne mais le foudre géant venu spécialement d’Epernay attirait tous les regards.
A cette occasion, Eugène Mercier imagine un insolite bar volant dans un ballon captif. Attaché au pied du château de Vincennes, le ballon emmène les visiteurs à 300 mètres d’altitude. Une flûte de Mercier et un admirable panorama de Paris s’offrent à eux. Mais un curieux coup du sort va transformer cette belle ascension en une aventure inattendue… Le vent s’empare de cette attraction volante, la pousse jusqu’à Epernay et bien au-delà, pour finir sa course folle en Belgique. Malgré tout, les voyageurs malchanceux rentreront sains et saufs    

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