la course à la tour de 1000 pieds (304,80m)
Vers la fin du XIXème siècle le monde industriel en plein émoi voulait montrer son savoir faire et la construction d’une tour de 1000 pieds était sujet à discussion dans les études d’ingénieurs d’Europe et d’Amérique.
Avant Gustave Eifel et sa tour de 300 mètres qui à dominé l’exposition universelle de Paris en 1889 d’autres projets devaient voir le jour.
Henri de Parville dans son livre Causeries scientifiques disait « Une grande partie du monde civilisé a passé sous cet immense arc de triomphe, symbole de la victoire du génie humain »
La colonne de la réforme de Richard Trevithick. 1832
En 1832, le britannique Richard Trevithick (1771-1833) lance une souscription pour accueillir des cotisations pour la construction d’une tour de mille pieds en fonte dont la base serait de 30m de côté et 3,60m au sommet. Elle serait composé de 1 500 plaques de fonte de 3m de côté et 5cm d’épaisseur boulonnées entre elles et d’un poids total de 6 000 tonnes.
Au sommet sur une plateforme de 15 m de diamètre on y trouverait une statue de 12 m de haut
Un conduit central de 1,80m de diamètre accueillerait un ascenseur mû dans un tube-piston amenant les visiteurs téméraires au sommet en 5mn.
Richard Trevithick avait inventé la première machine à vapeur et le premier train tracté par une locomotive à vapeur.
Il présenta le 1er mars 1833 son projet au roi Guillaume mais il décéda le 21 avril de la même année dans la pauvreté et sa tour sombra dans les oublis.
L'obélisque de Washington
En 1848, les américains décident d’élever un obélisque à Washington de 183m3 de haut. Les travaux furent suspendus en raison d’une inclinaison inquiétante dès la hauteur de 46m.
En 1877, avec de nouvelles fondations la construction repris mais pour une hauteur de 169m a raison de 30m par an.
Sa base mesure 16.69m au carré et10,69m au sommet. A l’intérieur sur une hauteur de 45m, la tour à 7,67m de diamètre, au dessus elle ne fait que 9,63 de diamètre.
L’obélisque est en granit et le parement en marbre blanc. Un ascenseur à vapeur servit à monter les matériaux et ensuite pour les visiteurs désireux de s’épargner 35mn d’ascension des 910 marches de l’escalier.
Inauguré le 20 février 1885, l’obélisque de Washington était le plus haut monument du monde avec ses 169m de hauteur. Toujours en place aujourd’hui.
La tour de mille pieds des américains Clarke et Reeves. 1874
En 1874, à l’occasion du centenaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis de l’exposition universelle de Philadelphie de 1876, les célèbres ingénieurs américains Clarke et Reeves projettent de construire une tour de mille pieds.
Il s’agissait d’une colonne de 9m de diamètre maintenue en périphérie par des haubans métalliques de 45m à la base et 9m au sommet. Un escalier en spirale et un ascenseur en permettait l’ascension.
En raison du coût d’un million de dollar, le projet n’a pas abouti
La tour Mole Antonelliana de Alessandro Antonelli. 1863
La construction de la tour Mole Antonelliana de Turin a commencé en 1863.
Elle était destinée à la communauté juive qui la vendit en 1877 à la municipalité de Turin. A l’origine la hauteur était de 47 m pour atteindre la hauteur actuelle de 167m. Elle subit de nombreuses transformations et accidents. En 1900 une statue « Le génie ailé » fut placé à son sommet et remplacée en 1904 par une étoile lors d’une tempête.
Elle abrite le musée du cinéma de Turin
La tour concurrente de la tour Eiffel de Amédée Sébillot et Jules Bourdais
Appellons là plutôt le phare de l’ingénieur Amédée Sébillot, qui de retour des Etats Unis en 1881, propose à son ami Jules Bourdais, une tour en granit surmontée d’un phare destinée à éclairer Paris. Plusieurs villes des Etats Unis avaient expérimenté ce procédé mais pour l’éclairage de quartiers.
Les années passent et la France décide d’organiser la prochaine exposition universelle à Paris en 1889.
Leur coopération débouche sur une tour de 370m, 300 m en granit et le reste en tôle.
Du côté de Levallois Perret, un des ingénieur de Gustave Eiffel, M Nougier soumet les dessins d’une tour. Après quelques hésitations et modifications, Gustave Eiffel est séduit pour ériger une tour de 300m pour l’exposition à Paris. D’autant que depuis près de vingt ans les piles métalliques pour différents viaducs n’avaient plus de secrets pour lui.
Parmi les nombreux projets présentés à l’issu d’un concours, le phare de granit de Jules Bourdais succitait plus d’attention que la tour de Gustave Eiffel.
La tour Eiffel ou la tour Bourdais?
La guerre de la pierre contre le fer, de l’architecte contre l’ingénieur
Jules Bourdais était un architecte fort connu après avoir été le concepteur avec Gabriel Davioud du palais du Trocadéro et disposait de nombreux appui politique.
Le carnet de commande de Gustave Eiffel était bien rempli, il exportait dans le monde entier mais ne disposait pas de beaucoup de connaissances dans le monde politique.
L’opinion public était favorable depuis longtemps à l’utilisation du fer en raison de son faible prix de revient , de sa grande solidité mais comme ossature pourvu qu’il soit recouvert.
Le vent changea de direction pour Gustave Eiffel après avoir rencontré Edouard Lockroy, le nouveau ministre du Commerce et de l’Industrie, défenseur de la tour. Le 1er mai 1886, Edouard Lockroy lance un concours pour une tour en fer de 300 m de hauteur ce qui disqualifie Jules Bourdais et sa tour de granit.
De nombreux projets copiés sur la tour de Gustave Eiffel sont proposés mais nous connaissons tous le résultat.
Alors que les travaux était commencés, le 14 février 1887, parait dans le journal « Le temps », une pétition signait par de nombreux artistes initiée par Charles Garnier, créateur du célèbre Opéra, contre la construction de la tour Eiffel, monstrueuse et inutile.
C’était sans savoir que Gustave Eiffel, ami du rédacteur en chef du journal, fut informé et riposta avec un droit de réponse immédiate écrit sous l’article. Ce qui disqualifia et ridiculisa la protestation des signataires.
Comparatif à l'époque
– Colonne de la place Ventôme: 43 m
– Colonne de la bastille: 47 m
– Balustrade de Notre-Dame de paris: 66 m
– Sommet du Panthéon: 79 m
– Capitole de Washington: 93 m
– Cathérale d’Amiens: 100 m
– Flèche des Invalides: 105 m
– Coupole Saint Paul à Londres: 110 m
– Clocher de la cathédrale e Chartres: 113 m
– Tour Saint Michel à Bordeaux: 113 m
– Flèche de la cathédrale d’Anvers: 120 m
– Coupole Saint Pierre de Rouen: 132 m
– La tour Saint Etienne à Vienne: 138 m
– Flèche de la cathédrale de Strasbourg: 142 m
– Pyramide de Chéops. Egypte: 142 m
– Flèche de la cathédrale de Rouen: 150 m
– Tour de la cathédrale de Cologne: 156 m
– Obélisque e Washington: 169 m
– Tour de Mole Antonelliana à Turin: 167 m
La tour Watkin de Londres. 1890
Une rivalité Franco-Anglaise a toujours existé, autant dire que le succès retentissement de la tour Eiffel lors de l’exposition de 1889 a fait grincé beaucoup de dents.
Sir Edward Watkin, entrepreneur et membre du parlement Britannique, décide en 1890 de lancer un concours pour la construction d’une tour. 68 projets provenant du monde entier sont proposés. La tour des ingénieurs et architectes, Dunn, MacLaren et Stewart a été retenu pour sa hauteur de 358m.
En 1891, Sir Edward Watkin avait acheté un terrain marécageux de 280 ha dans la région de Wembley pour y édifier la tour avec un parc qui accueillerait des magasins, théâtre, hôtel, restaurants, bain turc et un jardin d’hiver.
La construction avait commencé en 1892 mais des problèmes sont survenus rapidement. En raison du sol marécageux l’édifice penchait
dangereusement. Alors que le parc était ouvert au public en 1894, les travaux se sont arrêtés et la tour ne mesurait que 47m.
En 1899, la société de Sir Edwart Watkin fait faillite et les travaux sont abandonnés.
Il décédera en 1901 et la tour fut démoli en 1906.
Voilà pourquoi les anglais préfère cacher cette histoire peu glorieuse. Mais le site lui a eu plus de succès puisque en 1923 y fut inauguré le fameux stade de Wembley.
Petite anecdote: Lors de la rénovation du stade en 2000, les fondations de la tour ont été redécouvertes.
Et après la tour Eiffel
En 1930, le Chrysler Building de New York devient le plus haut édifice du monde avec 319m.
Conçu par l’architecte William Van Alen pour le grand industriel automobile Walter Chrysler, cet édifice à l’architecture art Déco construit en seulement 2 ans reste encore aujourd’hui la fierté de New York. Source site: Chrysler
Un an après, en 1831, c’est l’Empire State Building qui prend le record avec 381 m de hauteur





