Source images : L’illustration novembre 1896
J.B. Godin aux idées utopiques est allé au bout de ses ambitions.
Jean Baptiste Godin (1817-1888), le fondateur du Familistère de Guise, dans l’Aisne en Picardie, est surtout connu pour ses fameux poêles en fonte, Godin.
Au delà de ces chauffages au bois et charbon et principalement ces cuisinières qui ont trôné dans de nombreuses cuisines durant plus d’un siècle, Jean Baptiste Godin a oeuvré pour le bien-être de son personnel et il est le seul à avoir réussi.
L'histoire d'une utopie réalisée
Issu d’un milieu modeste il s’initie très tôt au travail des métaux chez son père, artisan serrurier.
Afin de perfectionner son métier de serrurier, il fait un tour de France comme compagnon du devoir.
Nous sommes en pleine révolution industrielle, il découvre les conditions effroyables de la classe prolétarienne, pénibilité du travail, manque de logement…. Cette vision de cette main d’oeuvre tant exploité l’a beaucoup affecté et s’était juré que si ses projets se réalisaient il améliorerait les conditions de travail de son personnel.
En 1840, il crée un petit atelier, 6 ans plus tard il y a 30 ouvriers. En 1856 ils sont 330.
Il se transforme en architecte et rédige un cahier des charges pour réaliser un lieu d’habitat communautaire qui s’appellera « Palais social », ensuite Familistère. Son désir est d’apporter à ses ouvriers, un hébergement où il fera bon vivre. Il
appellera cela » l’équivalent de la richesse ».
Les ouvriers disposeront à côté de leur usine d’un appartement avec un confort unique pour l’époque avec commerces, services, école, théâtre, piscine et jardins….
Ses idées utopiques inspirées du philosophe Charles Fourier le fait passer pour un illuminé par la bourgeoisie.
Le Familistère, une ville dans la ville
A l’époque afin de garder une main d’oeuvre qualifiée de nombreuses industries créent pour leurs employés des cités ouvrières comme par exemple les corons dans les villes minières, mais bien souvent les habitations isolées étaient loin du lieu de travail.
Jean Baptiste André Godin ne voulait en aucun cas proposer à son personnel ces conditions qu’il avait vu lors de son tour de France du compagnonnage.
Les 3 cours intérieurs étaient un lieu de vie, chacune était reliée entre elle.
Il n’y avait aucune distinction hiérarchique dans l’ attribution de logement. Le critère était le nombre de personnes par famille.
Afin d’offrir une clarté identique pour les 4 niveaux la taille des fenêtres était plus grande en bas qu’en haut.
Aux 4 angles un escalier était à la disposition des familistériens.
Construit sur une zone marécageuse, un procédé d’aération élaboré dans le soubassement et la verrière permettait de stopper tout problème d’humidité.
Les appartements étaient modulables, 1, 2, 3 ou 4 grandes pièces. Ces pièces faisaient 15 à 20m2 chacune.
Chaque étage possédait un point d’eau et des WC hommes et femmes ainsi qu’un vide ordures.
Les appartements avaient une vue sur la cour et sur la place.
LA BUANDERIE ET LA PISCINE. Soucieux de l’hygiène et de la santé ce lieu était alimenté par l’eau chaude fournie par la fonderie de l’usine. La buanderie disposait d’une évacuation d’eau et d’un vaste séchoir à linge. Des cabines de bain étaient à la disposition des habitants du familistère.
L’élément le plus spectaculaire est sans nul doute la piscine de 50m2 d’une profondeur de 2.50m disposant d’un plancher relié à un treuil permettant d’adapter la hauteur suivant l’âge des enfants.
LES ECONOMATS comprennent tous les commerces alimentaires, salles de jeu, écurie, étable, basse cour, porcherie. Tous les employés et leur famille disposent de tous les produits de la vie courante. Une faible marge est uniquement prélevée pour payer le personnel. Pour exemple le loyer représenté environ 5% du salaire. Le temps de travail était inférieur a la moyenne nationale et les salaires plus élevés.
L'usine Godin
Jean Baptiste Godin imagine de remplacer les appareils de chauffage en tôle par de la fonte.
En 1846, il s’installe à Guise, il a alors 30 employés. En 1856 ils sont 330. En 1852 il ouvre une usine à Laeken dans la banlieu de Bruxelles. En 1887, un an avant sa mort les deux usines comptaient 1 526 ouvriers.
Une double tragédie en janvier 1888
Jean-Baptiste André Godin édite en 1878, un journal, LE DEVOIR, traitant de l’actualité du Familistère et des causes socialistes qu’il a défendu toute sa vie.
L’HEBDOMADAIRE DU 15 JANVIER 1888, annonce avec grande tristesse le décès de Emile Godin, fils du fondateur du Familistère, parti dans sa 47 ème année
La semaine suivante, L’HEBDOMADAIRE DU 22 JANVIER 1888, commence par « Deuil sur deuil ! Le fondateur du Familistère, Jean-Baptiste André Godin est disparu de ce monde le 15 janvier 1888.
La mort de Jean Baptiste André Godin a jeté un profond désarroi parmi les habitants du Familistère et les journaux de France et de l’étranger ont relaté ce lugubre événement dont l’oeuvre était connu au delà de nos frontières.
Le Familistère, premier site touristique de l'Aisne
Guise est une ville de province comme il en existe beaucoup en France.
Mais la visite de ce lieu historique ne laisse pas indifférent.
C’est un retour 150 ans en arrière que l’on effectue dans un cadre , une ambiance merveilleusement reconstitués avec la viste du palais social avec les appartements d’époque reconstitués, le musée avec un nombre incroyable de poêle Godin, l’appartement de J.B Godin, l’économat, la buanderie, la piscine, le théâtre, le jardin… Seul l’usine n’est pas visitable. Les visites sont soient libre, guidées (recommandées) ou par casque virtuel.
Quelques dates
1817 : Naissance de Godin à Esquéhéries (Aisne).
1840 : Mariage de Godin avec Esther Lemaire ; fondation d’un atelier de poêlerie.
1842 : Découverte par Godin de la doctrine fouriériste.
1846 : Installation de la fonderie Godin-Lemaire à Guise avec 30 employés.
1851 : Godin gérant de la colonie phalanstérienne de Réunion au Texas.
1852 : Fondation d’une usine à côté de Bruxelles ; création d’une caisse d’assurance maladie à l’usine.
1856 : Aménagement du jardin d’agrément.
1859 : Construction de l’aile gauche et des économats du Palais social.
1863 : Première Fête de l’enfance.
1866 : Construction du pavillon central et de la nourricerie-pouponnat.
1867 : Première Fête du travail au Familistère, le 2 juin.
1870 : Construction du théâtre, des écoles et de la buanderie-piscine ; premiers essais de répartition des bénéfices avec les employés.
1871 : Godin élu député de l’Aisne ; publication de Solutions sociales.
1877 : Construction de l’aile droite du Palais social.
1878 : 1200 habitants au Familistère.
1878 : Création de l’hebdomadaire Le Devoir.
1880 : Fondation de l’Association coopérative du capital et du travail.
1882 : Production annuelle de 100 000 appareils et 130 000 objets divers.
1884 : Construction du pavillon Cambrai.
1886 : Mariage de Godin avec Marie Moret.
1885 : 1750 habitants au Familistère.
1887 : 1500 employés aux usines de Guise et Bruxelles.
1888 : Construction du Familistère de Bruxelles.
1888 : Mort de Godin au Familistère.
Quelques chiffres
En 1846, 6ans après la création de son atelier, il a 30 employés.
Fin des années 1900, ils sont 1200 employés.
Avant la 1ère guerre mondiale, l’usine Godin expédie 165 000 poêles par an avec près de 4000 modèles.
La surface totale des lieux est de 40 hectares
Avec 500 appartements

Notice sur l'ancienne maison Godin
1926. Excellent résumé de la vie de J.B Godin et le Familistère

Familistère.com
Site officiel

France 3 régions
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