Une reconstitution de Paris en 1400 avec la cour des Miracles
Malheureusent excentrée au champ de Mars côté avenue de Suffren, l’attraction sur le Paris en 1400 n’a pas eu le succès escompté.
En raison du nombre incalculable des lieux de visites et d’amusements comme la reconstitution du Vieux Paris en était la cause.
Il s’agissait d’une très belle reconstitution sur 4 000 m2 avec des ruelles insalubres avec des maisons aux formes insolites où les visiteurs cotoyés des personnages à la mine peu rassurante: bossus, culs-de-jatte, manchots, bref des estropiés en tout genre.
Eugène Colibert spécialiste des reconstitutions historiques et archéologiques. en était le créateur. Pour l'exposition universelle de 1889, la reconstitution de la vieille Bastille avait déjà attiré l'attention du public.
Aujourd’hui, la police ne rentre jamais dans certains quartiers, à cette époque moyennageuse il en était de même. Ces endroits peuplés de personnages en tout genre ou le rouge s’apparentait au vin mais aussi au sang était le repère des mendiants et brigands qui le jour faisaient la manche ou détroussaient les honnêtes gens et la nuit venue faisaient la fête.
Pour la plupart de ces faux estropiés, ce stratagène était prétexte à la mendicité mais à la tombée de la nuit le miracle s’opérait, les bossus se redressaient, les aveugles voyaient, les culs-de-jatte ou autres boiteux pouvaient prendre leurs jambes à leur cou.
On comprend mieux le nom de cour des miracles qui concernait une dizaine de quartiers de la capitale.
Ce n’est qu’en 1667 que Louis XIV ordonna le démantelement de ces sinistres quartiers.
Au fil de l’histoire
Un peu d'histoire
Extrait des livres « L’expo de Paris 1900 . Encyclopédie du siècle «
On désignait sous ce nom, les coins écartés où tous les mendiants se réfugiaient la nuit venue, pour y compter leurs recettes et pour se livrer à des divertissements plus ou moins honnêtes. Ces endroits étaient bien nommés, car il s’y produisait, chaque soir, les miracles les plus surprenants : les bossus se redressaient; les manchots retrouvaient des bras parfaitement valides; les béquillards dansaient, sans broncher, de tout leur cœur; et les blessures les plus affreuses s’y guérissaient en un clin d’œil, quittes à reparaître le lendemain.
Les Cours des Miracles étaient nombreuses à Paris. Sauval en cite une dizaine, disséminées par-ci, par-là dans la ville; la plus célèbre, la plus importante de ces cités pittoresques était celle dont un minime fragment perpétue encore le nom.
Elle avait son entrée rue Ncuve-Saint-Sauveur et s’étendait entre le cul-de-sac de l’Etoile, les rues de Damiette et des Forges. La rue Saint-Sauveur est aujourd’hui la rue du Nil ; au xv° siècle, elle s’appelait rue de la Corderie et les cordiers y filaient leurs cordes en plein air. Il y a quelques années encore, on retrouvait un souvenir du vieux quartier et de la population de malan¬ drins (qui l’occupaient, dans la rue des FiIles-Dieu, dont la pioche des démolisseurs a fait justice.
L’impasse de la Grosse-Tête, qui s’ouvrait par là, portait ce nom depuis 1341.
Sauval fait, sous le règne de Louis XIV, une description fort pittoresque de cet endroit, où s’était réfugié tout ce qui vivait, à Paris, de gueuserie, de vols et de méfaits de tous genres. La Cour des Miracles consistait en une énorme place qui aboutissait à un grand cul-de-sac. Cet espace était entouré de maisons fort anciennes, assez mal entretenues d’ailleurs, et qui s’étayeaient mutuellement les unes sur les autres, pour ne pas s’écrouler de vétusté. Là dedans vivaient, dans une promiscuité complète, des ménages, agrémentés d’enfants légitimes, naturels ou dérobés, en foule innombrable. Tout ce monde se tenait en joie, paraît-il, car la nuit venue, c’était une bombance perpétuelle. « C’était une des lois fondamentales de la Cour des Miracles, dit Sauval, de ne rien garder pour le lendemain. » On ne connaissait en cet endroit ni foi ni loi, ajoute le chroniqueur;on méprisait le baptême, le mariage et les divers sacrements, et cependant ces gens semblaient avoir gardé comme un sentiment religieux, car ayant volé une statue de Dieu le Père dans une église, ils l’érigèrent en bonne place, dans leur cour, et de temps en temps, ils lui rendaient un semblant de culte. Pour les femmes qui habitaient dans l’endroit, elles exerçaient toutes les professions possibles, parmi lesquelles peu d’avouables. Cette population, à la moindre apparition de la police, se retranchait, fermait scs issues; les archers ou loguet, assaillis par une multitude armée, devaient honteusement battre en retraite. Il aurait fallu une véritable expédition militaire et l’extermination de ce vilain peuple, pour en venir à bout. Pendant longtemps on se contenta de réprimer les agissements des mendiants et des voleurs au dehors et on les laissait, à peu près en paix, dans leurs refuges.
Cette situation humiliante ne pouvait convenir à Louis XIV et à son esprit d’ordre et d’autorité. En mai 1657, après l’ouverture de l’hôpital général pour mendiants invalides, les Cours des Miracles furent fouillées et évacuées de force, sans que leur» hôtes intimidés eussent tenté une résistance sérieuse.








