L'exposition universelle de Chicago en 1893. 250 ha pour accueillir la ville blanche et ses 200 bâtiments majectueux.
Sur un terrain vierge de 2,4 km2 en zone marécageuse sur les rives du lac Michigan, les quelques 200 bâtiments entourés de lacs, d’îles, de canaux, de lagunes agrémentés de statues, de fontaines ont rendu cet endroit d’une beauté rarement égalée.
Malgré les apparentes, tous les bâtiments à armatures métalliques étaiient habillés de bois, plâtres et de staff. Seul le palais des Beaux Arts subsiste encore aujourd’hui tout en ayant été reconstruit en 1933.
Dates : 1er mai au 30 octobre 1893
Thème : 400e anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb 1492
Lieu : Jackson Park
Superficie : 278 ha
Visiteurs : 27, 5 millions
Pays participants : 45
Exposants : 70 000 25 000 d’Amérique, 2 700 de France, 2 200 de Grande-Bretagne, 4 000 d’Allemagne
Concepteur : Daniel Burnham
Elément marquant : Midway Plaisance, le premier parc d’attraction
Dépenses: environ 28 millions de $
Bénéfices : 446 832$
Après la fermeture
Extrait du livre: Campbell illustrated history worlds Columbian exposition
« On estime que 50 000 personnes ont pénétré dans le parc le jour de l’An. Elles ont commencé à arriver tôt le matin et ont continué tout au long de la journée, à pied, à vélo, en calèches, profitant toutes de la liberté démocratique des différentes allées et avenues, et avoir une autre vue sur la vaste étendue des bâtiments de l’Exposition. »
C’était quelques jours avant le premier incendie, il avait-il un présentiment, en tout cas il faut se mettre dans le contexte de l’époque, une manifestation aussi grandiose qu’une exposition universelle ne pouvait que laisser de la nostalgie auprès de la population qui cherchait le moindre prétexte à revoir les lieux qui les ont fait rêver durant 6 mois.
Chicago. Trois incendies qui ont détruit tout le parc des expositions - 4 janvier 1894 - 14 février 1894 - 5 juillet 1894
Lors des incendies, des dizaines de milliers de personnes sont venues voir la destruction par les flammes de tous ces bâtiments qu’ils avaient visités quelques mois avant.
Ce sont trois incendies qui ont quasiment laissé que des ruines des bâtiments du site de Jackson Park.
Des vagabonds étaient à l’origine des incendies d’après les quelques informations que l’on retrouvent.
L’excellent livre de Erik Larson » Le diable dans la ville blanche » m’a permis de comprendre la situation à Chicago après la fermeture de l’exposition.
Extrait du livre de Erik Larson » Le diable dans la ville blanche «
« Suite à sa clôture officielle, des milliers d’ouvriers supplémentaires rejoignirent l’armée grandissante des chômeurs, et des sans-abri se réfugièrent dans les palais abandonnés de Jackson Park. «Les pauvres ressortirent amaigris et affamés du terrible hiver qui suivit la Foire mondiale, » écrivit le romancier Robert Herrick dans e Web of Life. La ville prodigue avait engagé toutes ses forces dans cette superbe entreprise et, ayant montré au monde la fleur suprême de son énergie, elle s’était effondrée. Cet énorme costume
était trop grand pour elle ; des milles et des milles de boutiques, d’hôtels et d’immeubles vides attestaient sa décadence. Des dizaines de milliers d’êtres humains, attirés vers la cité festive par des salaires anormaux, se retrouvaient soudain à l’abandon, sans nourriture ni droit de s’abriter dans ses logements libres d’occupants.»
Révolte des sans-abris, chomeurs et des grévistes
Parallèlement à cette catastrophe humaine la colère grondait depuis déjà fort longtemps notamment parmi les ouvriers de l’homme d’affaire George Pullman, l’inventeur des wagons lits.
Pullman avait acquis un immense patrimoine immobilier dans le sud de Chicago et savait exploiter ses ouvriers et locataires comme un baron féodal.
D’ailleurs ce secteur de ville s’appelait Pullman, on y trouvait des maisons, des magasins, une église, des théâtres, des parcs, un hôtel et une bibliothèque pour les ouvriers de l’usine Pullman.
L’exposition universelle lui avait été fort profitable.
Les grèves se succédaient et le 11 mai 1894, 2 000 ouvriers entrèrent en grève suivi en juillet de grèves à l’échelle de la nation.
Les chemins de fer étaient arrêtaient , 125 000 cheminots étaient en grève stoppant tout le trafic ferroviaire à l’ouest de Chicago. Le président Cleveland avait envoyé à Chicago des troupes et le 7 juillet des gardes nationaux tirèrent sur la foule tuant plus de trente personnes
Premier incendie du 4 janvier 1894
L’incendie est survenu alors qu’il ne restait que 240 gardes alors que pendant l’ouverture ils étaient 3 000. Les matériels de protection d’incendie avaient été retirés après la fermeture et dans les bâtiments il restait encore beaucoup de matériels.
Rappelons aussi que les bâtiments étaient en armature fer mais l’habillage était en bois, plâtre, ciment et une fibre.
Deuxième incendie du 14 février 1894
Beaucoup de pompiers on été mobilisé une fois de plus pour lutter contre les flammes dans le bâtiment agricole. Il y avait encore beaucoup de marchandises dont certaines avaient pu être retirées.
Troisième incendie du 5 juillet 1894
Cette fois un pompier mort et un autre fut griévement blessé. Beaucoup d’autres avaient failli y laisser la vie. Le feu avait commencé dans le bâtiment de la gare terminal et s’était étendu à tous les autres.
Une centaine de milliers de personnes étaient venues voir le du secteur sud disparaitre mise à part la statue de la République
L’exposition universelle de Chicago en 1893, vu son importance pouvait s’apparenter à une grande ville.
Claude Nougaro aurait pu s’en inspirer lorqu’il a écrit sa célèbre chanson « Il y avait une ville »
Malheureusement ce drame ne fut pas le seul pour cette exposition universelle,
mais cela fera l’objet d’un autre article.

Chicagology
Source
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Le livre de Erik Larson
» Le diable dans la ville blanche «














