Une vague à l'estuaire de la Seine qui a attiré les curieux durant des siècles
Le mascaret est une vague qui se produit dans certains types d’estuaires. Il s’agit de l’opposition entre la marée montante et le courant du fleuve.
Lors de grandes marées une vague remonte le fleuve sur des dizaines de km.
Le mascaret de Caudebec-en-Caux, un des plus spectaculaire des estuaires français à longtemps attiré des dizaines de milliers de curieux
DES TRAVAUX AVAIT ETE EFFECTUES ENTRE 1845 ET 1850 ENTRAINANT SA DISPARITION MAIS LE MASCARET ETAIT REAPPARU EN 1858 PLUS FORT QUE JAMAIS.
Le phénomène se produit 4 fois par an aux marées d’équinoxe de mars et septembre.
On entendait son grondemant à quelques km en aval avant son arrivée. La foule allant jusqu’à 20 000 personnes venait profiter du spectacle.
D’alleurs des trains spéciaux couvraient l’événement emmenant de nombreux parisiens désirant se faire mouiller.
D’importants travaux de dragage dans l’estuaire de la Seine ont fait quasiment disparaitre le mascaret dans les années 1960.
Aujourd’hui il apparait avec une petite vague qui reste encore appréciée de quelques surfeurs.
Extrait du livre « Le monde des merveilles ». 1878 de Adolphe Bitard
En France, on observe les mascarets aux embouchures de la Garonne, de la Charente, de la Dordogne et surtout de la Seine. Mais, aujourd’hui, ce phénomène qui effrayait tant jadis n’est plus qu’un objet de curiosité, un spectacle dont les Parisiens sont particulièrement avides. A Caudebec, où des trains de plaisir en emportent un grand nombre chaque année, à l’époque de la grande marée d’automne, le fleuve a été encaissé par
précaution. On comprend, sans de longs détails, le phénomène du mascaret qui, à proprement parler, se produit tous les jours à marée haute, mais n’atteint sa plus grande expression qu’à l’équinoxe d’automne, La marée montante se précipite dans l’ouverture béante du fleuve, qui, se rétrécissant bientôt, oppose à ce courant son propre courant, dont la puissance est considérablement augmentée par le rétrécissement de son lit. Alors une véritable lutte s’engage entre les deux courants
contraires, a qui repoussera l’autre pour poursuivre librement son cours; ils se heurtent avec une violence inouïe et un bruit formidable, se dressent l’un contre l’autre, formant une montagne écumeuse. Quelquefois le fleuve triomphe, franchit la montagne liquide et retombe en cascade de l’autre côté ; mais, dans les hautes marées, c’est au contraire le flot qui l’emporte et refoule ave des bouillonnements impétueux le courant du fleuve jusqu’à une grande distance.
En Angleterre, la Severn offre le même spectacle que la Seine à Caudebec. Dans la Dordogne, le mascaret atteint 2 mètres de hauteur, il atteint le double à Caudebec. Des phénomènes du même genre ont lieu à l’embouchure des grands fleuves d’Amérique et d’Asie. Dans le delta du Gange, le mascaret dépasse ordinairement 4 mètres de hauteur, et 5 mètres dans l’Amazone.
