Exposition universelle de Londres 1851. Le Crystal Palace

Exposition universelle de Londres 1851

Pour la première exposition universelle de Londres, 245 projets ont été déposés pour concevoir un édifice pouvant accueillir les 14 000 exposants des 34 pays participants.
A un an de l’ouverture , c’est le projet de Joseph Paxton et sa gigantesque serre de fer et de verre qui sera retenu. 
Joseph Paxton (1803-1865), architecte paysagiste et jardinier en chef des jardins du duc de Devonshire, à Ghatsworth avait déjà de nombreuses réalisations à son actif.  La grande serre à Ghatsworth  était à l’époque le plus grand bâtiment en verre du monde.
Le Crystal Palace avait des murs jusqu’à la hauteur du premier étage et à partir de là devait être tout fer, bois et  verre.

Dimensions : Longueur 564m  largeur 124m  Hauteur 33m
Le bâtiment comprenait cinq nefs latérales de chaque côté avec 2.8 km de galeries
La superficie totale était de  7.5ha, 9,4 ha avec les étages.
Emplacement : Hyde Park
Matériaux :  Fer, verre et bois
300 000 panneaux de verre 
4 500 tonnes de fer 
200 000 cadres de bois pour une surface de 70 000m2
Construit en moins de  6 mois.

Exposition universelle Londres 1851

Dès l’ouverture en raison de l’engouement du public et de la presse, des trains spéciaux se sont mis en place et aux quatre coins de la Grande Bretagne les habitants se sont déplacés pour découvrir cette multitude d’exposants et les cultures du monde entier.

Le journal américain, le New York Tribune avait édité peu avant l’ouverture de l’exposition un article donnant des conseils pour se rendre à Londres et profiter de ce premier rassemblement mondial où tous les pays pouvaient présenter leurs dernières innovations.
Le journal avait chiffré le budget nécessaire pour se rendre à Londres, transport, hôtel… soit environ 500$

L'intérieur du Crystal Palace

L’ambiance
Extrait de « Le tout du monde à l’exposition de Londres »
Autour de vous, il y a une multitude immense, et cependant pas de foule; vous avez soixante mille compagnons,, et personne ne vous heurte, nul ne vous pousse; vous vous promenez à l’aise comme sur le boulevard. Cependant il n’y a pas ou presque pas de police et rien qui ressemble à de la contrainte : çà et là un policeman vous indique simplement par quel escalier il faut monter, par quel descendre. Vous n’entendez aucun bruit de voix et vous ne voyez d’agitation nulle part; chacun va où bon lui semble et vit à sa guise, car il faut vivre dans ce palais sans fin, si l’on veut y voir quelque chose; on y mange, et si l’on veut, on y dort. Des glaciers, des pâtissiers, des restaurateurs, ont fondé là de grands établissements. Les gens éco- nomes, tels que les cultivateurs et les ouvriers, qui composent en grande majorité le public, apportent leurs repas dans leurs paniers. C’est une curieuse chose de voir ces bons paysans anglais, en blouses, en bottes de cuir, soigneusement brossés, s’asseoir auprès des fontaines pour y préparer leur grog, déchirer à belles dents un morceau de jambon; ils distribuent le luncheon à leurs enfants, au milieu de la foule.
Tout ce monde mange en paix, la galerie les inquiète si peu ! Ils viennent pour voir, non pour être vus : c’est justement le contraire en France. Je me souviens que le 4 mai dernier, à Paris, pour maintenir l’ordre autour des baraques de saltimbanques qui garnissaient les Champs-Élysées, il y avait, sans exagération aucune, beaucoup plus de soldats que de spectateurs.

L’émerveillement
Extrait de « Le tout du monde à l’exposition de Londres »
Il faut s’avancer jusqu’à la fontaine de cristal au centre exact du palais, alors vous voyez, à droite et à gauche, se déployer à perte de vue les deux véritables galeries de l’exposition qui viennent tomber à angle droit sur le transept : cette vue  nouvelle dépasse toute attente.
Vous croyiez avoir atteint les limites de l’admiration, et votre admiration redouble; votre surprise a deux phases bien distinctes : figurez-vous, de part et d’autre, deux  échappées ouvertes dans le pays doré des Mille et Une Nuits , sans fin, à deux étages, couvertes du haut en bas de tout ce que le génie humain a pu produire de plus parfait, de tout ce la nature a offert aux hommes de plus merveilleux de Canton au Pérou, et de la Nouvelle-Zélande au Groenland. Imaginez des lieues entières de tapis de toutes couleurs, de cristaux resplendissants, de meubles d’une richesse insensée, de bronzes, de velours, de porcelaines, de soieries, de  tissus d’argent et de perles, de bijoux dignes de Cléopâtre à défier les mines de Golconde; tout cela semble jeté à l’aventure dans ce bazar du génie universel.

Inauguration le 1er mai 1851 par la reine Victoria et le prince Albert

Les mécontents de l’emplacement de l’exposition dans le Hyde-Park  
Extrait de la revue des deux mondes « Le tout du monde à l’exposition de Londres »
Ainsi par exemple, disaient les mécontents,  de quel droit bâtissez-vous dans Hyde-Park? C’est une promenade publique. Comment pour avoir la vue de ces belles pelouse», d’honnêtes citoyens ont acheté fort cher les terrains qui les bordent, et vous venez de gaieté de cœur élever en face de leurs croisées vos maussades maçonneries ! En vertu de quelle loi amoindrissez-vous ainsi la valeur de leurs propriétés? Et d’ailleurs combien durera cette exposition? Six mois, dites-vous, mais qui vous en répond? Si une fois vous commencez à poser des pierres et du mortier, nous savons ce que durera votre bâtiment et toutes les bonnes raisons qu’on trouvera pour ne pas démolir. En Angleterre, ces objections étaient fort graves; il n’en était pas une que l’on pût aborder de front et combattre légalement. Il fallut les tourner adroitement. « Vous redoutez la durée de notre bâtiment, répondit-on, la difficulté de le faire disparaître? Rassurez-vous; il ne s’agit point ici de pierres de taille, nous le construirons en fonte et en verre; l’exposition finie, on l’enlèvera en vingt- quatre heures; les propriétaires voisins n’auront donc pas à subir l’inconvénient d’une lente construction, ni même à respirer la poussière de la maçonnerie. Si la proximité du palais est un inconvénient, il sera de courte durée et racheté cent fois par le mouvement commercial qui se fera sentir surtout autour de l’exposition.

Le Crystal Palace déplacé à Sydenham Hill

En 1853, le bâtiment fut démonté et remonté dans le sud de Londres dans une configuration agrandie. Deux tours châteaux d’eau d’une hauteur de 90m ont été rajouté.  La longueur totale était de 623m pour une hauteur de 60m.
Il était resté en service jusqu’à qu’un soit détruit par un incendie en 1936
Il servit d’exposition permanente durant plus de 80 ans.

Fin tragique du Crystal Palace après un incendie en 1936

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La revue des 2 mondes

1851. Tour du monde à l'exposition universelle de Londres

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